Self-birding tour de la Tasmanie
C’est parti pour 3 semaines de road-trip en van en Tasmanie. On part en autonome, sans guide, à la recherche des 12 oiseaux endémiques de l’île. On a aussi d’autres belles espèces en tête que l’on souhaiterait pouvoir observer. Parmi ces oiseaux il y a le miro incarnat, petite boule de plume rose, son cousin le miro embrasé et son plumage flamboyant, le mâle mérion superbe en plumage nuptial (qui peut s’observer toute l’année dans cet apparat) et le pluvier à camail, le long des plages. La Tasmanie est un état de l’Australie réputé pour sa nature préservée et l’abondance de sa faune. Outre les oiseaux, des espèces de mammifères uniques sont présentes sur l’île en commençant par le très commun pademelon à ventre rouge, le wallaby de Bennett, le wombat commun, le diable de Tasmanie et le mythique ornithorynque.

Arrivée à Devonport


Après 2 semaines à arpenter les alentours de Melbourne dans la région de Victoria, on prend un ferry avec notre van depuis Geelong jusqu’à Devonport. Après une nuit plutôt calme dans le bateau, on récupère notre van, se réapprovisionne au supermarché et cap sur notre premier lieu : l’Arboretum de Devonport. À l’a base l’origine, on a voulu visiter ce lieu car il est réputé pour abriter une petite population d’ornithorynques. Mais il s’avère qu’il s’agit d’une excellente entrée en matière pour du birding en Tasmanie.
Le premier endémique, la gallinule de Tasmanie (Tribonyx mortierii – Tasmanian Nativehen), met peu de temps à se montrer. Elle est présente en très grand nombre sur les nombreuses parties herbeuses de l’Arboretum. On aura l’occasion d’observer deux autres oiseaux endémiques : le grand et bruyant méliphage à pendeloques (Anthochaera paradoxa – Yellow Wattlebird) et le plus discret méliphage à gorge jaune (Nesoptilotis flavicollis – Yellow-throated Honeyeater). D’autres méliphages comme le méliphage à croissants (Phylidonyris pyrrhopterus – Crescent Honeyeater), méliphage à gouttelettes (Anthochaera chrysoptera – Little Wattlebird), méliphage à bec grêle (Acanthorhynchus tenuirostris – Eastern Spinebill) et méliphage de Nouvelle-Hollande (Phylidonyris novaehollandiae – New Holland Honeyeater) se laisseront voir dans les différents arbres de ce lieu paisible. Les très belles perruches à bouche d’or (Neophema chrysostoma – Blue-winged Parrot) sont aussi présentes se nourrissant sur les arbres au bord du lac. La multitude d’arbres, natifs ou de différents coins du monde, permet à de nombreux oiseaux de se nourrir et s’abriter à cet endroit.








Les ornithorynques (Ornithorhynchus anatinus – Platypus) étaient bel et bien présents et plutôt faciles à repérer, nageant en surface du lac entre deux plongeons pour s’alimenter. On aura aussi vu à l’Arboretum un mammifère endémique à la Tasmanie : le pademelon (Thylogale billardierii – Tasmanian Pademelon).



Premier parc national : Narawntapu, le « Serengeti » de Tasmanie




Une fois l’Arboretum visité, direction notre premier parc national de Tasmanie à seulement 1 heure de Devonport : Narawntapu parfois appelé le « Serengeti » de l’île. Je ne connais pas le Seregenti alors, d’un point de vue extérieur, je ne trouve pas beaucoup de point de comparaison si ce n’est les grandes prairies ouvertes. Néanmoins ce parc national est l’un des plus beaux que l’on ait vu en Tasmanie. On en profite pour acheter le pass global pour avoir accès à tous les parcs nationaux de Tasmanie avec notre van (ce qui est plus rentable que de prendre les pass à l’unité).
On passera du temps à analyser les acanthizes pour trouver le 4ème endémique du séjour : l’acanthize de Tasmanie (Acanthiza ewingii – Tasmanian Thornbill). Il est très difficile à différencier de l’acanthize mignon (Acanthiza pusilla – Brown Thornbill). Il est possible de les différencier grâce aux flancs roux et à la queue plus longue du premier. Pas facile à distinguer sur le terrain mais heureusement que l’appareil photo est là ! Le 5ème endémique arrive de suite après, caché dans la végétation, avec le séricorne brun (Sericornis humilis – Tasmanian Scrubwren).



Le parc de Narawntapu couvre plusieurs hectares de forêts, prairies, plages et landes côtières. Plusieurs randonnées sont possibles dans le parc. Une zone d’eau à proximité et un affût situés à proximité de notre zone de camping alimenté nous permet d’observer de nombreux oiseaux d’eau. Parmi eux, on retrouve le canard à crinière (Chenonetta jubata – Maned Duck), canard à sourcils (Anas superciliosa – Pacific Black Duck), sarcelle rousse (Anas castanea – Chestnut Teal), sarcelle australasienne (Anas gracilis – Grey Teal), érismature à barbillons (Biziura lobata – Musk Duck) et des limicoles comme le pluvier à face noire (Charadrius melanops – Black-fronted Dotterel).






Dans les grandes prairies à proximité du camping de Springlawn (dans lequel vous pouvez passer la nuit), vous pourrez très facilement voir 3 espèces différentes de marsupiaux : kangourou géant (Macropus giganteus – Eastern Grey Kangouroo), wallaby de Bennett (Macropus rufogriseus – Bennet’s Wallaby) et pademelon à ventre rouge (Thylogale billardierii – Tasmanian Pademelon). Ils sont PARTOUT autour de vous.






En route vers la côte Est de la Tasmanie



Après deux jours passés à explorer Narawntapu, on décide de partir en direction de la mer de Tasman, sur la côte Est. On s’arrête en chemin à la cascade Lilydale Falls , pour passer la nuit avec notre van. Nous avions vu sur eBird la présence d’un oiseau que nous souhaitions absolument voir en Tasmanie. Et cela n’a pas raté … c’est notre première rencontre avec le miro incarnat (Petroica rodinogaster – Pink Robin), un petit passereau rose ! Couleur assez inhabituelle pour un oiseau, il s’est facilement laissé repérer aux alentours de la cascade. Mais pas de photo pour l’instant.
On continue ensuite notre chemin jusque St Helen’s, la Bay Of Fire et ses roches énormes aux couleurs flammes. On y restera quelques jours suite à une panne immobilisant notre van pendant plusieurs jours.
Le premier jour, nous partirons le long de la promenade en bord de mer pour observer les premiers oiseaux marins : mouette argentée (Chroicocephalus novaehollandiae – Silver Gull), fou austral (Morus serrator – Australasian Gannet), cormoran pie (Microcarbo melanoleucos – Little Pied Cormorant), cormoran de Tasmanie (Phalacrocorax fuscescens – Black-faced Cormorant) et pélican à lunettes (Pelecanus conspicillatus – Australian Pelican). On y verra aussi des limicoles très communs comme le vanneau soldat (Vanellus miles – Masked Lapwing)







Une sortie à pied dans les alentours de St Helen’s nous permettra de faire de belles rencontres.
Du côté des rapaces, un pygargue blagre (Icthyophaga leucogaster – White-bellied Sea Eagle) et un aigle d’Australie (Aquila audax – Wedge-tailed Eagle) se battrons pour une proie devant nos yeux. Un très grand nombre de passereaux différents également : miro boodang (Petroica boodang – Scarlet Robin) et miro embrasé (Petroica phoenicea – Flame Robin), acanthize de Tasmanie (Acanthiza ewingii – Tasmanian Thornbill) et acanthize mignon (Acanthiza pusilla – Brown Thornbill) puis le siffleur doré (Pachycephala pectoralis – Australian Golden Whistler).




Une jolie colonie de langrayen sordide (Artamus cyanopterus – Dusky Woodswallow) volent au dessus de nos têtes, des cacatoès funèbres (Zanda funerea – Yellow-tailed Black Cockatoo) se font entendre et un martin-chasseur géant (Dacelo novaeguineae – Laughing Kookaburra) se perche à proximité.




Mais en plus de toutes ces espèces magnifiques, on ajoute deux nouveaux endémiques à notre liste. On commence avec une petite bande de méliphages à tête noire (Melithreptus affinis – Black-headed Honeyeater) puis la plus discrète perruche à ventre jaune (Platycercus caledonicus – Green Rosella). Ce qui porte le total des endémiques vus à 7 espèces. Il nous reste moins de la moitié à observer !


Scamander
Vers Scamander, petite ville à une heure au Sud de St Helens, nous avons exploré deux endroits. Nous avons commencé par l’embouchure de la rivière, qui porte d’ailleurs le même nom que la ville.
Nous y avons vu de nombreux limicoles : huitrier à long bec (Haematopus longirostris – Pied Oystercatcher), pluvier à double collier (Anarhynchus bicinctus – Double-banded Plover), gravelot à tête rousse (Anarhynchus ruficapillus – Red-capped Plover), barge rousse (Limosa lapponica – Bar-tailed Godwit) ou encore bécasseau à cou roux (Calidris ruficollis – Red-necked Stint). De nombreux laridés sont aussi présents avec le très commun goéland austral (Larus pacificus – Pacific Gull), le plus rare (pour cette partie de la Tasmanie), goéland dominicain (Larus dominicanus – Kelp Gull) et la sterne huppée (Thalasseus bergii – Greater Crested Tern).






Nous avons aussi visité, durant l’après-midi, la réserve Winifred Curtis au Sud de la ville. La zone était assez tranquille.
Nous y avons vu de nombreux canards comme la sarcelle rousse (Anas castanea – Chestnut Teal), canard à sourcils (Anas superciliosa – Pacific Black Duck), cygne noir (Cygnus atratus – Black Swan), tadorne d’Australie (Tadorna tadornoides – Australian Shelduck) ou encore l’érismature à barbillons (Biziura lobata – Musk Duck). On terminera la balade avec l’observation d’un superbe oiseau : le coucou à éventail (Cacomantis flabelliformis – Fan-tailed Cuckoo). Assez tardif pour cette période d’avril, il se perchera discrètement sur une branche à l’entrée de la réserve.



On descend jusque Freycinet



Nous continuons ensuite notre route vers le Sud en direction du parc national de Freycinet. Sur le chemin, on fait de nombreux arrêts le long des plages que l’on croise afin de chercher l’un de nos objectifs en Tasmanie : le pluvier à camail (Charadrius cucullatus – Hooded Plover). Après quelques tentatives, nous observerons un petit groupe de 3 individus au loin. En patientant sur la plage, ils se rapprocheront de nous jusqu’à pouvoir faire de belles photos de proximité.


Une fois arrivée au parc national de Freycinet, nous optons pour la boucle qui va jusqu’à Wineglass Bay. Lors de la randonnée, on croisera 5 espèces de méliphages : méliphages à bec grêle (Acanthorhynchus tenuirostris – Eastern Spinebill), méliphage à gouttelettes (Anthochaera chrysoptera – Little Wattlebird), méliphage à pendeloques (Anthochaera paradoxa – Yellow Wattlebird), méliphage à gorge jaune (Nesoptilotis flavicollis – Yellow-throated Honeyeater) et méliphage à croissants (Phylidonyris pyrrhopterus – Crescent Honeyeater).
On aura également une proximité incroyable avec des pardalotes pointillés (Pardalotus punctatus – Spotted Pardalote) au sol ! Malheureusement, le temps de dégainer l’appareil photo, les oiseaux étaient partis. Sur la plage, on prendra le temps de photographier les huitriers fuligineux (Haematopus fuliginosus – Sooty Oystercatcher) et huitriers à long bec (Haematopus longirostris – Pied Oystercatcher).



Une fois la randonnée de Freycinet terminée, on s’arrêtera sur la plage de Kelvedon.
Nous reverrons nos amis les pluviers à camail (Charadrius cucullatus – Hooded Plover) mais cette fois-ci accompagnés de deux epthianures à front blanc (Epthianura albifrons – White-fronted Chat).





Cap sur Maria Island



Après une nuit passée en van sur le port de Triabunna, on met les voiles (ou plutôt le moteur) sur Maria Island.
Au départ, nous n’avons pas choisi cette île pour les oiseaux mais plutôt pour pouvoir observer un mammifère emblématique d’Australie : le wombat (Vombatus ursinus – Common wombat). Aux mœurs habituellement nocturne, il est ici présent en grand nombre sur les collines de l’île et cela durant la journée. De nombreux visiteurs prennent donc le ferry depuis la petite ville de Triabunna pour aller les observer. Parmi ces visiteurs, un grand nombre ne respectent malheureusement pas les règles d’observation de l’île. Ces derniers s’approchent bien trop près des animaux en les dérangeant sans aucun scrupule pour prendre des selfies. Un point négatif concernant cette île ! Il a fallu s’éloigner sur des chemins moins empruntés pour les observer en toute tranquillité en gardant nos distances. Mise à part les wombats, on y observe aussi des pademelons (Thylogale billardierii – Tasmanian Pademelon) et des kangourous géants (Macropus giganteus – Eastern Grey Kangouroo).








Mais revenons à nos oiseaux ! L’île étant protégée et n’étant pas habitée, l’avifaune y est aussi très abondate. Dès la descente du ferry, de nombreux cormorans de Tasmanie (Phalacrocorax fuscescens – Black-faced Cormorant) sèchent autour de l’embarcadère. On voit aussi beaucoup de cassicans flûteurs (Gymnorhina tibicen – Australian Magpie), céréopses cendrés (Cereopsis novaehollandiae – Cape Barren Goose) et gallinules de Tasmanie (Tribonyx mortierii – Tasmanian Nativehen) arpentant les collines de l’île avec les wombats. Maria Island est l’un des rares endroits où l’on peut voir presque tous les endémiques de Tasmanie. Nous n’avons pas eu cette chance de notre côté mais on ajoute tout de même le réveilleur noir (Strepera fuliginosa – Black Currawong) et le méliphage à bec fort (Melithreptus validirostris – Strong-billed Honeyeater) à notre liste. Deux observations assez lointaines mais qui nous permettent d’arriver à un total de 9 endémiques vus. Plus que 3 !






Tandis que deux hirondelles des arbres (Petrochelidon nigricans – Tree Martin) passent au dessus de nous, on prend le temps de photographier des oiseaux qui se nourrissent au sol. Parmi eux, on en retrouve certains moins farouches que d’autres comme le miro embrasé (Petroica phoenicea – Flame Robin), miro boodang (Petroica boodang – Scarlet Robin) et acanthize à croupion jaune (Acanthiza chrysorrhoa – Yellow-rumped Thornbill). On profite du coucher du soleil pour prendre en photo les derniers wombats, sous une superbe lumière, avant de reprendre le ferry retour pour Triabunna.





En route vers Hobart



À peine rentrés sur Triabunna on se dirige vers Hobart. On passe la nuit sur une aire au milieu de la forêt plus humide et dense de Wielangta. On y observera à nouveau un miro incarnat (Petroica rodinogaster – Pink Robin) mais une nouvelle fois assez discret.
Après un passage rapide pour observer les falaises du Tasman National Park, on file vers Hobart et son bassin de Waterwork Réserve. Sur les plans d’eau , on verra plusieurs grèbes australasiens (Tachybaptus novaehollandiae – Australasian Grebe) et grèbes argentés (Poliocephalus poliocephalus – Hoary-headed Grebe). Mais aussi beaucoup de canards comme le canard à sourcils (Anas superciliosa – Pacific Black Duck), canard à crinière (Chenonetta jubata – Maned Duck), foulque macroule (Fulica atra – Eurasian Coot) et le moins commun fuligule austral (Aythya australis – Hardhead).



Il s’agit aussi d’un dortoir pour les, très bruyants, cacatoès à huppe jaune (Cacatua galerita – Sulphur-crested Cockatoo) qui sont présents par dizaines à la tombée de la nuit. Alors que l’on observe, au travers de nos jumelles, un corbeau de Tasmanie (Corvus tasmanicus – Forest Raven) autour des tables de pique-nique, un monsieur nous interpelle. Il s’agit d’un passionné d’oiseau vivant à Hobart. Il nous propose de nous montrer deux podarges gris (Podargus strigoides – Tawny Frogmouth) dormant sur un arbre. Ce que l’on accepte (bien évidemment) volontiers avant de quitter les lieux. Un grand merci à cet inconnu qui nous permettra de voir des oiseaux mimétiques, bien camouflés et difficiles à voir.




Mount Wellington


On monte en altitude (et on baisse en température) pour aller au Mont Wellington qui surplombe la ville d’Hobart. Plusieurs randonnées sont possibles dans l’enceinte de ce parc naturel mais on décide de se garer au parking de The Springs et explorer les environs ainsi que le Pinnacle Track.
Un de nos objectifs était de photographier correctement le miro incarnat (Petroica rodinogaster – Pink Robin). Malheureusement celui-ci s’est montré, une nouvelle fois, très farouche contrairement à son cousin le miro boodang (Petroica boodang – Scarlet Robin). Le méliphage à bec grêle (Acanthorhynchus tenuirostris – Eastern Spinebill) s’est lui aussi laissé tirer le portrait. Sur place, on rencontre un ornitho’ australien de Victoria. Il nous indique qu’un peu plus haut sur le chemin, notre dixième oiseau endémique de Tasmanie est présent : le séricorne de Tasmanie (Acanthornis magna – Scrubtit). Ni une ni deux, on remonte les 500 mètres de chemin à la recherche de cet oiseau. Après quelques dizaines de minutes, on tombe sur ce fameux séricorne dans un groupe d’acanthizes de Tasmanie (Acanthiza ewingii – Tasmanian Thornbill). Mais l’observation fût assez furtive et l’oiseau repart vite au cœur de la végétation. En plus de ce nouvel endémique, on croisera un petit groupe de méliphage à bec fort (Melithreptus validirostris – Strong-billed Honeyeater) ainsi qu’un siffleur gris (Colluricincla harmonica – Grey Shrikethrush). De quoi prendre quelques nouvelles photos et ajouter deux nouveaux oiseaux à notre liste d’observation en Tasmanie.






Cap sur Bruny Island


Il y a un seul endroit où les 12 oiseaux endémiques de Tasmanie sont présents : Bruny Island. C’est aussi l’endroit le plus propice pour chercher les deux oiseaux endémiques manquants à notre liste. C’est donc sans aucune hésitation que l’on décide de passer deux nuits sur l’île. On prend le petit ferry, avec notre van, au matin depuis la ville de Kettering. On part ensuite explorer la partie Nord de l’île de Bruny en commençant par la route Missionary Road.
Il nous faudra très peu de temps pour trouver, notre onzième oiseau endémique, un miro de Tasmanie (Melanodryas vittata – Dusky Robin) perché sur une clôture. Tandis que l’on cherchait de petits passereaux dans les grands eucalyptus, nous tombons nez à nez (ou nez à bec ?) avec un aigle d’Australie (Aquila audax – Wedge-tailed Eagle) perché sur une branche.



Le dernier oiseau endémique qui manque à notre liste est le plus rare. Il s’agit de la pardalote de Tasmanie (Pardalotus quadragintus – Forty-spotted Pardalote). Sur les trente dernières années, sa population est en fort déclin et on ne peut la voir que sur Maria et Bruny Island. Pendant notre pause déjeuner au bord de la route, toujours dans le Nord de l’île, on reste attentif aux différents passereaux des alentours avec l’espoir de trouver cette pardalote.
C’est pendant la dégustation d’un délicieux sandwich maison, que notre quête des 12 oiseaux endémiques de Tasmanie s’achèvera. Deux pardalotes de Tasmanie (Pardalotus quadragintus – Forty-spotted Pardalote), accompagnées d’une pardalote pointillé (Pardalotus punctatus – Spotted Pardalote), passent au-dessus de nous, dans les branches et feuilles les plus hautes d’un vieil eucalyptus. Mais l’observation était très furtive, on ne se contentera donc pas de ça !
Sud de Bruny



Après notre visite du Nord de Bruny, on décide de traverser The Neck, le petit bras de terre qui relie la partie Nord et Sud de l’île. On passera la nuit vers Adventure Bay.
Pas de perruche de Latham (Lathamus discolor – Swift Parrot) pour nous ni de manchots pygmées (Eudyptula minor – Little Penguin). Mais on aura tout de même fait de très belles listes Ebird dans cet endroit. Nous y photographierons l’une de nos cibles en termes d’oiseau : un superbe mâle en plumage nuptial de mérion superbe (Malurus cyaneus – Superb Fairywren). Il se laissera photographier à proximité du départ de la randonnée Fluted Cape. C’est d’ailleurs à ce même endroit qu’on observera un wallaby de Bennett blanc (Macropus rufogriseus – Bennet’s Wallaby). Il s’agit d’une particularité de Bruny Island puisqu’on y trouve ces wallabies avec une mutation génétique qui entraîne cette couleur. Malheureusement, cette observation ne nous paraît pas très glorieuse tant l’animal paraît mal en point. Ces wallabies sont très souvent atteints de tumeurs ce qui rend leur espérance de vie assez courte.



Une fois la randonnée de Fluted Caped terminée, on part explorer les environs. Première étape, la forêt humide et dense et le Movista Walk. Mais cet endroit ne sera pas très fructueux pour nous.
Jardins jurassiques d’Inala
Pour continuer notre journée sur Bruny Island, on part en direction des jardins d’Inala. Ces jardins botaniques, sont un véritable havre de paix pour les plantes, les mammifères et les oiseaux. Les propriétaires ont laissé une partie de leur jardin ouvert au public avec une entrée payante. Le reste est privé et se visite uniquement sur demande.
Cet endroit a notamment pour but de préserver et augmenter la population de pardalote de Tasmanie (Pardalotus quadragintus – Forty-spotted Pardalote). C’est plutôt réussi puisque la population y augmente ces dernières années. Deux individus seront descendus assez bas sur des jeunes eucalyptus ce qui nous a permis de les prendre en photo. Une véritable réussite pour un oiseau si rare. Le lieu est vraiment calme et très agréable pour se promener. On aura même pu y voir 4 espèces de miro : miro de Tasmanie (Melanodryas vittata – Dusky Robin), miro embrasé (Petroica phoenicea – Flame Robin), miro boodang (Petroica boodang – Scarlet Robin) et le fameux miro incarnat (Petroica rodinogaster – Pink Robin) avec les premières photos décentes. Un petit groupe de méliphages à tête noire (Melithreptus affinis – Black-headed Honeyeater) sera aussi descendu sur de petits arbres ce qui a permis de prendre de jolies photos.








Retour vers Hobart en bord de mer au Sandown Park
C’est déjà fini pour Bruny Island ! On y aura terminé notre quête d’observation des espèces d’oiseaux endémiques de la Tasmanie. Mais nous n’aurons pas vu les 12 oiseaux à la fois sur cette île. Il est temps pour nous de remonter vers le Nord de la Tasmanie. Mais avant ça, on on s’arrête sur un parc en bord de mer dans Hobart.
Ce parc n’est pas dédié à l’observation d’oiseaux. Cependant quelques jolies perruches sont présentes comme le cacatoès rosalbin (Eolophus roseicapilla – Galah), cacatoès nasique (Cacatua tenuirostris – Long-billed Corella) , cacatoès corella (Cacatua sanguinea – Little Corella) et les plus classiques cacatoès à huppe jaune (Cacatua galerita – Sulphur-crested Cockatoo). Un loriquet à bandeau rouge (Trichoglossus concinnus – Musk Lorikeet) et plusieurs loriquets arc-en-ciel (Trichoglossus moluccanus – Rainbow Lorikeet) se seront aussi montrés dans les arbres du parc. La perruche omnicolore (Platycercus eximius – Eastern Rosella) complètera la série. Un nouveau méliphage est aussi ajouté à notre liste d’oiseaux de la Tasmanie : le méliphage bruyant (Manorina melanocephala – Noisy Miner). Avant de quitter Hobart pour de bon, on fait un petit tour au Mont Nelson pour tenter d’observer la perruche de Latham (Lathamus discolor – Swift Parrot) sans succès. A défaut d’observation de la perruche, nous aurons pu photographier le réveilleur noir (Strepera fuliginosa – Black Currawong) qui est présent en abondance ici !











Mount field






Après avoir atteint le point le plus au Sud de la Tasmanie, on commence à remonter vers le nord en passant par l’Ouest. Premier arrêt : le parc national de Mount Field et les Russell Falls. Un superbe parc national avec une zone de camping pour les vans agréable et bien aménagée. Un sentier permet aussi de découvrir des eucalyptus immenses de presque 100 mètres de hauteur, de quoi se sentir minuscule en comparaison à ces géants.
Au petit matin, plusieurs grives à lunules (Zoothera lunulata – Bassian Thrush) se seront aussi montrées sur le chemin en direction de Russell Falls. Une femelle de ménure superbe (Menura novaehollandiae – Superb Lyrebird) très peu farouche construisait son nid sans se soucier de nombreux observateurs (comme nous) autour de cette cascade. Un moment assez rare pour un oiseau qui habituellement est plutôt difficile à observer. Un peu plus en altitude l’Uruqhart Track nous aura permis de photographier de près le séricorne de Tasmanie (Acanthornis magna – Scrubtit) et l’acanthize de Tasmanie (Acanthiza ewingii – Tasmanian Thornbill).





Lake St Clair & Cradle Mountain


Direction le lac St Clair pour une petite pause balade de quelques kilomètres. Ce lac fait partie du même parc national que Cradle Mountain et a la particularité d’être le plus profond de l’Australie avec ses 163 mètres.
Ce grand lac a été un lieu d’étude des ornithorynques par le passé, mais nous n’en aurons pas vu ici de notre côté. Par contre, nous observerons deux nouvelles espèces d’oiseaux durant notre promenade : un joli groupe d’échenilleurs à masque noir (Coracina novaehollandiae – Black-faced Cuckooshrike) ainsi qu’un siffleur olivâtre (Pachycephala olivacea – Olive Whistler). Celui-ci était accompagné d’un siffleur doré (Pachycephala pectoralis – Australian Golden Whistler) et de nombreux méliphages.



Nous l’aurons observé à de nombreuses reprise en Tasmanie mais c’est au lac St Clair que le miro incarnat (Petroica rodinogaster – Pink Robin) et sa poitrine rose vif se laissera enfin approcher pour de belles photos.


La suite dans le parc national de Cradle Mountain fût assez pauvre en oiseaux et riche en touristes venant randonner. Un parking et des files d’attentes aussi remplies que dans un parc d’attraction. Heureusement que quelques wombats en fin de journée récompenseront notre séjour là bas.



Hellyer gorge
C’est bientôt la fin de notre séjour tasman. Une petite pause pour la nuit aux gorges d’Hellyer nous permettra d’apprécier lors d’une balade nocturne deux podarges gris (Podargus strigoides – Tawny Frogmouth) et entendre une ninoxe de Tasmanie (Ninox leucopsis – Tasmanian Boobook) qui chantait dans l’obscurité. Au petit matin, miro embrasé (Petroica phoenicea – Flame Robin) et grive à lunules (Zoothera lunulata – Bassian Thrush) traînaient autour de notre van.
Un petit tour à Burnie avant de quitter la Tasmanie
La fin de notre boucle en Tasmanie s’achevant bientôt, nous sommes désormais sur la côte Nord, dans la ville de Burnie.
C’est ici que nous avons vu arriver dès la nuit tombée de nombreux manchots pygmées (Eudyptula minor – Little Penguin) qui rentrent au dortoir après leur journée de pêche. Le spectacle époustouflant dure plusieurs dizaines de minutes car les manchots arrivent petit à petit. Lorsque nous avons visité ce lieu en avril, il n’y avait presque personne. Difficile de prendre des photos car c’est obscur mais de nombreux éclairages à lumière rouge mis en place par l’association de conservation de ces manchots permettent d’apprécier ce moment en dérangeant au minimum ces oiseaux.


Fin du séjour en Tasmanie


C’est dans la réserve de Fernglade que s’achèvera notre séjour en Tasmanie.
L’occasion de dire au revoir à la Tasmanie tout en observant de nombreux oiseaux communs sur cette île : le rhipidure gris (Rhipidura albiscapa – Grey Fantail), zostérops à dos gris (Zosterops lateralis – Silvereye), martin-chasseur géant (Dacelo novaeguineae – Laughing Kookaburra), merle noir (Turdus merula – Common Blackbird) ou encore le mérion superbe (Malurus cyaneus – Superb Fairywren). Quelques ornithorynques se laisseront observer dans la rivière tout comme les pademelons dans les sous-bois. Quoi de mieux pour terminer notre séjour en Tasmanie ?






Nous quitterons l’île avec le ferry en direction de Melbourne (avec une pause au Western Treatment Plant). Plus de deux semaines sur l’île et 100 espèces d’oiseaux observées ainsi que de nombreux mammifères. Nous aurons vu tous les oiseaux que nous souhaitions voir ici et même plus que ce que l’on espérait ! Du côté des mammifères, le diable de Tasmanie, animal nocturne et extrêmement rare, ne se sera pas montré. Nous garderons un excellent souvenir de la beauté et l’immensité des paysages naturels de la Tasmanie.

