Après avoir parcouru pendant plus d’une quinzaine de jours l’île du Sud de Nouvelle-Zélande, on continue notre voyage, dédié à l’observation d’oiseaux, mais cette fois-ci sur l’Île du Nord ! Suite à la traversée du Queen Charlotte Sound, on récupère notre van et on commence notre aventure dans la capitale du pays : Wellington.

Arrivée sur l’île du Nord à Wellington

Owhyro Bay

La traversée de 3h30 à bord de l’Interislander nous rappelle toute la diversité des espèces pélagiques qu’on peut trouver en Nouvelle-Zélande. Depuis le pont, les observations s’enchaînent : albatros à cape blanche (Thalassarche cauta – Shy Albatross), damiers du Cap (Daption capense – Pintado Petrel), prions colombes (Pachyptila turtur – Fairy Prion), nombreux puffins volages (Puffinus gavia – Fluttering Shearwater), puffins à menton blanc (Procellaria aequinoctialis – White-chinned Petrel), un puffin du Westland (Procellaria westlandica – Westland Petrel) et même un puffinure plongeur (Pelecanoides urinatrix – Common Diving Petrel). Une belle entrée en matière avant d’atteindre Wellington.

Nous arrivons en fin de journée à Wellington et le soleil se couche déjà. Pendant notre trajet jusqu’au freedom campground d’Owhiro Bay, un manchot pygmée (Eudyptula minor – Little Penguin) traverse furtivement la route pour se dissimuler sous une voiture. Une jolie rencontre qui nous rappelle l’importance de rouler avec prudence, surtout la nuit, afin d’éviter les accidents avec la faune.

Zealandia

Zealandia Te Māra a Tāne est un endroit important pour tout ornithologue de passage dans la capitale. Il s’agit d’un éco-sanctuaire de 225 hectares créé pour préserver les oiseaux endémiques de Nouvelle-Zélande en danger d’extinction. Un grand nombre d’espèces sont menacées suite à l’expansion de l’humain et à l’introduction de mammifères prédateurs.

Petites explications sur les sanctuaires de Nouvelle-Zélande

Cet éco‑sanctuaire recrée un fragment de la Nouvelle‑Zélande telle qu’elle existait avant l’arrivée des mammifères introduits. Dans ce pays, de nombreuses espèces d’oiseaux endémiques sont aujourd’hui rares et principalement cantonnées à ces zones protégées. Zealandia est entièrement entouré d’une clôture anti‑prédateurs, ce qui permet aux oiseaux d’évoluer librement, mais en sécurité, ce qui se ressent immédiatement dès que l’on franchit les portes du sanctuaire.

En effet, pendant des millions d’années, l’avifaune néo‑zélandaise a évolué sans prédateurs terrestres. Beaucoup d’espèces sont devenues de grands oiseaux peu farouches, parfois incapables de voler, comme les kiwis ou les takahēs. L’arrivée des colons, il y a quelques siècles, a profondément bouleversé cet équilibre : rats, possums, hermines et belettes ont décimé des populations d’oiseaux qui n’avaient aucun moyen de se défendre. Même si la responsabilité incombe davantage à l’être humain qu’aux animaux introduits, la Nouvelle‑Zélande mène aujourd’hui un effort colossal pour contrôler ces espèces invasives. Dans cette lutte, les sanctuaires comme Zealandia jouent un rôle essentiel pour préserver la biodiversité locale.

Il ne s’agit pas de zoos puisque les oiseaux y sont totalement libres. Ce sont de vastes zones protégées, souvent entourées de clôtures anti‑prédateurs ou situées sur des îles, où les espèces endémiques peuvent vivre et se reproduire en toute sécurité. Certains sites proposent des points de nourrissage, ce qui facilite l’observation. Pour les passionnés de birding, ces sanctuaires offrent l’un des meilleurs compromis pour observer des espèces uniques dans des conditions proches de leur habitat naturel.

Nos observations à Zealandia

La réserve est vraiment grande et de nombreux sentiers la traversent. On a pu y observer quelques espèces assez classiques que l’on avait déjà vu sur l’Île du Sud : tadorne de paradis (Tadorna variegata – Paradise Shelduck), fuligule de Nouvelle-Zélande (Aythya novaeseelandiae – New Zealand Scaup), carpophage de Nouvelle-Zélande (Hemiphaga novaeseelandiae – New Zealand Pigeon), cormoran varié (Phalacrocorax varius – Australian Pied Cormorant), martin-chasseur sacré (Todiramphus sanctus – Sacred Kingfisher), nestor superbe (Nestor meridionalis – New Zealand Kaka), xénique grimpeur (Acanthisitta chloris – Rifleman), méliphage tui (Prosthemadera novaeseelandiae – Tui), méliphage carillonneur (Anthornis melanura – New Zealand Bellbird), rhipidure à collier (Rhipidura fuliginosa – New Zealand Fantail), et zostérops à dos gris (Zosterops lateralis – Silvereye).

On y aura également fait de nouvelles observations d’espèces emblématiques de l’Île du Nord comme le mohoua à tête blanche (Mohoua albicilla – Whitehead) ou le cousin du Nord du miro rubisole : le miro de Garnot (Petroica longipes – North Island Robin). Concernant les oiseaux qu’il est difficile de voir en dehors des sanctuaires, on verra le très peu timide créadion de Lesson (Philesturnus rufusater – North Island Saddleback), le hihi de Nouvelle-Zélande (Notiomystis cincta – Stitchbird) et rapidement, une perruche de Sparrman (Cyanoramphus novaezelandiae – Red-crowned Parakeet) en vol. Nous verrons aussi les fameuses talèves takahé (Porphyrio mantelli – North Island Takahe) mais l’observation est furtive et dans un endroit assez sombre. Pas idéal pour la prendre en photo !

Estuaire de Waikanae

La suite de notre périple sur l’Île du Nord est la mythique « Tongariro Alpine Crossing » mais avant d’y arriver, on fait quelques arrêts en chemin. Le premier est l’estuaire de Waikanae, sur les conseils d’un photographe local.

On y restera l’après-midi et jusqu’au coucher du soleil, permettant de photographier certaines espèces avec une jolie lumière. De nombreux canards et limicoles sont présents ici avec : tadorne de paradis (Tadorna variegata – Paradise Shelduck), canard bridé (Spatula rhynchotis – Australasian Shoveler), canard colvert (Anas platyrhynchos – Mallard), sarcelle australasienne (Anas gracilis – Grey Teal), fuligule de Nouvelle-Zélande (Aythya novaeseelandiae – New Zealand Scaup), foulque macroule (Fulica atra – Eurasian Coot), cygne noir (Cygnus atratus – Black Swan) et bernache du Canada (Branta canadensis – Canada Goose).

On observera pas moins de 4 espèces de cormorans : cormoran pie (Microcarbo melanoleucos – Little Pied Cormorant), grand cormoran (Phalacrocorax carbo – Great Cormorant), cormoran noir (Phalacrocorax sulcirostris – Little Black Cormorant) et cormoran varié (Phalacrocorax varius – Australian Pied Cormorant).

Le coucher du soleil permettra de faire de jolies photos de limicoles comme l’échasse d’Australie (Himantopus leucocephalus – Pied Stilt), huîtrier variable (Haematopus unicolor – Variable Oystercatcher) ou le vanneau soldat (Vanellus miles – Masked Lapwing). On y rencontrera enfin le mignon grèbe de Nouvelle-Zélande (Poliocephalus rufopectus – New Zealand Grebe) et on fera une très jolie observation des spatules royales (Platalea regia – Royal Spoonbill).

La randonnée la plus connue de Nouvelle-Zélande : Tongariro

En chemin jusqu’au mythique mont Tongariro, on fait halte sur certains lieux de tournage du Seigneur des Anneaux : à commencer par Mangawhero Falls, une superbe cascade de 25m avec le Mont Ruapehu visible en arrière plan. Cette cascade est aussi connue comme la piscine de Gollum dans une scène où il pêche un poisson.

Arrêt suivant à Tawhai Falls, une cascade de 13m, également connue pour être l’une des piscines de Gollum. Pour atteindre les deux cascades, il suffit de se garer aux parkings et de marcher pendant maximum 10 minutes.

On en profite également pour faire la balade de Waitonga Falls Walk, qui mène à la cascade la plus haute (39m) du Parc National du Tongariro. La balade fait 4km aller-retour et n’a pas de difficulté particulière. Les paysages y sont superbes mais aucun oiseau spectaculaire en vue.

Tongariro Alpine Crossing

Après une nuit passée au Waikoko Campsite gratuit (appartenant au DOC), on se dirige enfin vers cette randonnée mythique de l’Île du Nord de Nouvelle-Zélande. C’est un aller simple qui fait 20km. Pour ce faire, on se gare au parking de Ketetahi, à la fin de la randonnée et une navette nous amène jusqu’au parking de Mangatepopo, où se trouve le départ. Les paysages volcaniques irréels et les superbes vues se succèdent tout le long de l’effort. Si vous sentez l’âme de LOTR, c’est normal, vous vous trouvez sur le territoire de la montagne du destin !

Turangi

Revenons à nos oiseaux ! Après la randonnée, on se rend à Turangi, petit village traversé par la rivière Tongariro en quête d’une espèce déjà cherchée au Fjordlands National Park et à Arthur’s Pass : le mythique canard bleu (Hymenolaimus malacorhynchos – Blue Duck). Le terme « bleu » est peut être un peu exagéré mais on aura cherché longtemps cet oiseau sur l’île du Sud avant de poser nos jumelles dessus ici, dans ce village.

Après avoir traversé le pont quelques fois et avoir exploré les berges de la rivière, on fini enfin par spotter 2 individus ! On retournera vers le même spot le lendemain matin dans l’espoir de faire quelques photos du canard et voir plus d’individus. On remonte cette fois-ci le long du Tongariro River Trail et ça ne loupe pas ! On observe enfin pas moins de 11 canards bleus ! Ce sera l’unique fois du voyage où l’on verra cette espèce.

Taupo, Rotorua & cie

Rotorua

Après une brève halte à Taupo et aux Huka Falls, on se dirige vers Rotorua, sa forêt de séquoias géants et ses piscines de boue bouillonnante. On en profite pour se balader le long du lac sur les passerelles en bois mais on ne voit pas grand chose de vraiment intéressant si ce n’est la forme domestique des oies cendrées (Anser anser – Greylag Goose), ajoutant une espèce à la liste de Nouvelle-Zélande.

Forêt de Pureora

Après une nuit passée au freecamp Lake Whakamaru Reserve qui dispose de douches chaudes gratuites et d’une jolie vue, on se dirige vers la forêt de Pureora en quête du rare glaucope de Wilson (Callaeas wilsoni – North Island Kokako).

On commence par faire la Waipapa Loop Walk qui fait 2,3km et traverse une vieille forêt de podocarpes. On n’aura pas vu notre espèce cible mais on aura pu observer quelques espèces intéressantes comme la discrète perruche à tête d’or (Cyanoramphus auriceps – Yellow-crowned Parakeet) pas revue depuis le début du séjour à Fjiordland National Park, nestor superbe (Nestor meridionalis – New Zealand Kaka), mohoua à tête blanche (Mohoua albicilla – Whitehead), méliphage tui (Prosthemadera novaeseelandiae – Tui), méliphage carillonneur (Anthornis melanura – New Zealand Bellbird), miro mésange (Petroica macrocephala – Tomtit) et miro de Garnot (Petroica longipes – North Island Robin), en plus des passereaux introduits.

Après une nuit passée au TECT Park Freedom Camping, on se dirige vers la petite balade de Kokako Track, pour continuer notre quête du glaucope de Wilson. Malheureusement, on le ne verra toujours pas ! Notre dernière chance d’observer cette espèce sera au sein de l’île sanctuaire Tiritiri Matangi.

Hobbiton

Toujours pas d’oiseaux mais du Seigneur des Anneaux ! On continue notre remontée de l’Île du Nord et on fait un arrêt quasi-obligatoire à Hobbiton, plateau de tournage du village des Hobbits dans la Comté, situé à Matamata. La visite guidée se réserve en amont et dure un peu moins de 2h. Le prix est plutôt élevé mais si vous être vraiment fan de LOTR, ça en vaut largement la peine. L’immersion dans l’univers est incroyable, les anecdotes racontées très intéressantes et les décors superbes.

Wairere Falls

Après Hobbiton, on dort au Wairere Falls Freedom Camping. Malgré une balade nocturne peu fructueuse en terme de kiwi, on entend tout de même une ninoxe boubouk (Ninox novaeseelandiae – Morepork) au loin.

Le lendemain, on décide de faire la randonnée jusqu’à la cascade. On se rend jusqu’au point de vue le plus haut des deux. La balade est jolie et nous permet d’observer quelques passereaux dont la gérygone de Nouvelle-Zélande (Gerygone igata – Grey Gerygone), la rhipidure à collier (Rhipidura fuliginosa – New Zealand Fantail), ou les zostérops à dos gris (Zosterops lateralis – Silvereye). Dans les champs qui bordent le parking, on voit facilement des talèves australes (Porphyrio melanotus – Australasian Swamphen) et des vanneaux soldats (Vanellus miles – Masked Lapwing).

Gorges de Karangahake

Notre prochaine étape étant la Péninsule de Coromandel, on s’arrête en chemin pour faire une autre balade : celle des gorges de Karangahake. La balade est superbe ! Elle traverse une ancienne mine d’or dont le plafond abrite de nombreux vers luisants. En s’éloignant des entrées et sources de lumière et en s’habituant à l’obscurité, on peut assister à ce superbe spectacle. Une partie de la marche se passe sur les anciens rails de train de la mine. Au retour, on en profite pour faire un petit crochet pour aller voir la Owharoa Falls.

Entre paysages bucoliques, cascades et anciennes mines d’or abritant des vers luisants, cette portion du séjour est moins ornithologique mais particulièrement photogénique.

Péninsule de Coromandel

Wharekawa Harbour Sandspit Reserve

On arrive enfin sur la péninsule de Coromandel avec un premier arrêt au niveau de la Wharekawa Harbour Sandspit Reserve. On se gare sur Ohui Road et on prend la passerelle en bois qui mène à une petite forêt puis à une jolie plage déserte.

On y observe des espèces d’eau plutôt classiques : talève australe (Porphyrio melanotus – Australasian Swamphen), échasse d’Australie (Himantopus leucocephalus – Pied Stilt), aigrette à face blanche (Egretta novaehollandiae – White-faced Heron), huîtrier variable (Haematopus unicolor – Variable Oystercatcher), martin-chasseur sacré (Todiramphus sanctus – Sacred Kingfisher). On y rencontrera, pour la première fois, les adorables gravelots roux (Anarhynchus obscurus – New Zealand Plover). Malhreuseument, ils étaient un peu trop loin pour prendre de belles photos. Nous verrons aussi un joli groupe de barges rousses (Limosa lapponica – Bar-tailed Godwit) déjà observées sur l’Île du Sud.

En remontant un peu Opoutere Road, on obtient un nouveau point de vue sur le lac Wharekawa qui nous aura permis de voir d’autres espèces comme : râle tiklin (Hypotaenidia philippensis – Buff-banded Rail), huîtrier de Finsch (Haematopus finschi – South Island Oystercatcher), un joli groupe de spatules royales (Platalea regia – Royal Spoonbill), et des perruches omnicolores (Platycercus eximius – Eastern Rosella).

Hahei & Cathedral Cove Beach

Entre Opoutere et Hahei Beach, on passe la nuit dans le Coroglen Freedom Camping (petit parking en bord de route avec toilettes sèches). Ensuite, on part en direction de Hahei Beach pour assister au lever du soleil. De nombreuses personnes se baladent déjà sur la plage quand on commence à la prospecter et on y verra pas grand chose de plus qu’aux autres endroits visités sur la péninsule pour l’instant si ce n’est des sternes caspiennes (Hydroprogne caspia – Caspian Tern).

Puis, on se rend à la fameuse Cathedral Cove, plage de Narnia célèbre pour son arche sous laquelle on peut passer à marée basse. Pour s’y rendre, il faut se garer au parking à Hahei et prendre la navette qui mène au départ (où il est interdit de se garer). Le sentier qui mène à la plage (1,5km aller) offre un joli panorama sur la mer et sur les îles du Golfe du Hauraki.

Ensuite, on enchaîne plusieurs plages sur la péninsule de Coromandel comme Cooks Beach située dans la Purangi Regional Reserve puis Otama Saltmarsh & Estuary et enfin le Matarangi Spit. Ce sera notamment l’occasion de passer quelques heures autour des nombreux gravelot roux (Anarhynchus obscurus – New Zealand Plover). Certains sont très peu farouches et n’hésitent pas à s’approcher de nous qui sommes assis sur la plage. C’est l’idéal pour prendre de belles photos !

Station d’épuration de Coromandel

Ce n’est pas très glamour mais en tant qu’ornitho’, vous savez sûrement que les oiseaux apprécient ce genre d’endroits. C’est le dernier arrêt de notre journée et on se rend en direction de la station d’épuration de Coromandel.

On souhaite y rencontrer une espèce que l’on n’a pas encore vue jusqu’à présent : la sarcelle de Nouvelle-Zélande (Anas chlorotis – Brown Teal). On en aura trouvé quelques unes en faisant le tour de la clôture grillagée qui entoure les différents bassins, parmi des canards colverts (Anas platyrhynchos – Mallard) et bridés (Spatula rhynchotis – Australasian Shoveler) qui dormaient. On passera la nuit dans un des freedom camping de la ville de Coromandel (90 Woollams Avenue, Coromandel 3506, Nouvelle-Zélande). Cet arrêt marque la fin de notre séjour dans cette belle péninsule.

Le paradis des limicoles néo-zélandais : Miranda

Piako Wader Roost

Située dans la baie de Firth of Thame, Miranda est une zone exceptionnelle pour l’observation des limicoles en Nouvelle-Zélande. Avant d’aller au Shorebirds Center, nous commençons par Piako Wader Roost, une zone au Sud de la baie.

On y rencontrera le busard de Gould (Circus approximans – Swamp Harrier), le héron de Coromandel aussi appelé garde-bœufs d’Asie (Ardea coromanda – Eastern Cattle Egret) ainsi qu’un ibis falcinelle (Plegadis falcinellus – Glossy Ibis) qui traîne dans le coin depuis quelque temps.

Pukorokoro Miranda Shorebirds Center

Après une nuit passée au Freedom Camping de Whakatīwai, direction la Robert Findlay Wildlife Reserve au cœur de Miranda. C’est le meilleur endroit pour observer une des espèces emblématiques de Nouvelle-Zélande : le pluvier anarhynque (Anarhynchus frontalis – Wrybill) et son bec à l’extrémité tordue.

Mais les limicoles sont timides le jour de notre visite et nous ne verrons qu’un seul pluvier de loin. Mais où sont donc passées les centaines d’individus annoncés ? On observera tout de même de beaux effectifs d’échasses d’Australie (Himantopus leucocephalus – Pied Stilt), barges rousses (Limosa lapponica – Bar-tailed Godwit) et huîtriers de Finsch (Haematopus finschi – South Island Oystercatcher). La réserve est par contre plutôt sympathique à visiter et dispose de différents affuts pour observer les limicoles. Les espèces peuvent varier suivant la période de visite dans l’année. Le site est particulièrement intéressant aux alentours de la marée haute car les oiseaux se rapprochent des affuts.

Taramaire Wildlife Refuge Reserve

Nous ne voulons pas rester sur une observation lointaine et rapide de ce fameux pluvier. Nous cherchons donc toutes les lieux possibles où les individus pourraient se trouver étant donné qu’il ne sont pas au Miranda Shorebirds Center. C’est sur la plage très fréquentée de Ray’s Rest, au niveau de la Taramaire Wildlife Refuge Reserve que nous tentons notre chance.

Et le tour est joué ! On observera des centaines de pluviers anarhynques (Anarhynchus frontalis – Wrybill) qui se reposent sur le sable. Nous prenons le temps d’observer sous toutes ses facettes cette espèce endémique de Nouvelle-Zélande. Nous verrons aussi des mouettes de Buller (Chroicocephalus bulleri – Black-billed Gull), pas revues depuis notre séjour dans l’Île du Sud.

La tournée des sanctuaires

Sanctuaire de Tiritiri Matangi

Une fois la zone de Miranda explorée, nous remontons vers Auckland en faisant un bref crochet vers Ambury Regional Park. Nous ne ferons pas long feu et mettrons les voiles pour aller visiter l’un des éco sanctuaires les plus connus de Nouvelle Zélande : Tiritiri. Depuis la marina de Whangaparāoa, on prend le ferry en direction de Tiritiri Matangi, véritable île sanctuaire qui abrite certaines espèces d’oiseaux quasi éteintes sur le continent néo-zélandais. On choisit de partir d’ici (et non d’Auckland) afin d’éviter la circulation et les problèmes de stationnement du van dans la ville. La traversée est donc plus courte (environ 30 minutes en tout).

Une fois arrivés sur l’île, on explore les différents sentiers, un peu au hasard, en commençant par le Wattle track. Il nous permet de voir de nombreuses espèces comme : caille tasmane (Synoicus ypsilophorus – Brown Quail), perruche de Sparrman (Cyanoramphus novaezelandiae – Red-crowned Parakeet) ou le créadion de Lesson (Philesturnus rufusater – North Island Saddleback).

Nous verrons également méliphage carillonneur (Anthornis melanura – New Zealand Bellbird), hihi de Nouvelle-Zélande (Notiomystis cincta – Stitchbird) et mohoua à tête blanche (Mohoua albicilla – Whitehead) aux abreuvoirs d’eau sucrée et mangeoires. Comme tous les sanctuaires, Titiri Matangi nourrit et donne à boire aux oiseaux. Cela facilite forcément leur observation autour de ces zones de nourrissage …

Ce n’est qu’une fois arrivés au phare de l’île que l’on observera à nouveau les fameuses talèves takahés (Porphyrio mantelli – North Island Takahe). Elles sont énormes, ne peuvent pas voler, et ne peuvent pas être confondues avec leurs cousines les talèves australes (Porphyrio melanotus – Australasian Swamphen). Leur histoire est assez incroyable puisqu’on pensait qu’elles avaient disparues à l’état de sauvage avant de les redécouvrir dans les années 1950 dans le Parc National Fjordlands. Des programmes de sauvegarde ont donc été lancés pour protéger cette population.

Sur l’un des sentiers, on aura aussi enfin la chance de rencontrer le glaucope de Wilson (Callaeas wilsoni – North Island Kokako), que l’on avait longuement cherché à Pureora. On rentre donc sur le continent en ayant fait quelques observations d’oiseaux néozélandais rares et difficilement trouvables en dehors des sanctuaires comme Tiritiri Matangi.

Shakespear Regional Park

En rentrant de Tiritiri Matangi, on passera la nuit au Te Haruhi Bay Campground, situé dans le Shakespear Regional Park. Malgré une longue balade nocturne, toujours aucune trace du kiwi d’Owen (Apteryx owenii – Little Spotted Kiwi) ni sur le terrain de camping, ni sur le Kanuka track ou au niveau du waterfall Gully. Il nous faudra donc attendre pour observer une de ces espèces de l’oiseau emblématique de Nouvelle-Zélande.

Shakespear fait partie de ces sanctuaires entourés d’une barrière anti-prédateurs (comme à Zealandia de Wellington). L’entrée y est gratuite et le parc est traversé par divers sentiers. Avant de se lancer dans certains, il est important de bien nettoyer ses semelles de chaussures afin d’éviter d’introduire des agents pathogènes potentiels pour les arbres.

Au niveau du Campground, on observe encore les mêmes espèces communes de passereaux et d’oiseaux d’eau. On voit tout de même un paon bleu (Pavo cristatus – Indian Peafowl) introduit et une nouvelle caille tasmane (Synoicus ypsilophorus – Brown Quail). En s’enfonçant un peu plus dans les sentiers vers la waterfall Gully, on observe des espèces comme la perruche de Sparrman (Cyanoramphus novaezelandiae – Red-crowned Parakeet) et le hihi de Nouvelle-Zélande (Notiomystis cincta – Stitchbird).

Tawharanui Regional Park

Tous nos espoirs sont placés vers le Tawharanui Regional Park, également entouré d’une clotûre anti-prédateurs, pour notre dernière chance d’observer un kiwi en Nouvelle Zélande. Une première balade dans le parc nous mène du terrain de camping jusqu’à la plage.

Mais ce n’est que le soir que les choses intéressantes commencent. On part à pied, depuis notre van, avec notre lampe torche à la lumière rouge à la main (pour ne pas perturber les oiseaux). Dès le début, nous entendons des chants de mâle au loin, mais il est difficile de s’approcher. C’est très bon signe ! Après une bonne heure dans le froid, toujours aucune observation. Nous entamons donc notre retour jusqu’au van. C’est en chemin, que nous entendons farfouiller à proximité d’une clôture. Nous éclairons la zone et il est enfin là !! Notre premier kiwi : le kiwi de Mantell (Apteryx mantelli – North Island Brown Kiwi) !! Nous l’observerons pendant quelques minutes sans faire aucun bruit. Notre lumière rouge ne semblait en aucun cas perturber sa quête de nourriture.

Durant notre balade nocturne pour trouver le kiwi, on aura également rencontré des talèves takahé (Porphyrio mantelli – North Island Takahe), des talèves australes (Porphyrio melanotus – Australasian Swamphen), des vanneaux soldats (Vanellus miles – Masked Lapwing) et des sarcelles de Nouvelle-Zélande (Anas chlorotis – Brown Teal). Ces dernières sont particulièrement actives la nuit.

Après une nuit bien au calme dans le parc, on se lance dans la balade de l’Ecology trail. Ce chemin sillonne à travers différents habitats : littoral, zone côtière, pâturages, zones humides et forêt à la végétation indigène, en suivant une rivière. Il est donc intéressant car il permet de rencontrer une grande diversité d’espèces dont certaines endémiques de Nouvelle-Zélande telles que des sarcelles de Nouvelle-Zélande (Anas chlorotis – Brown Teal), du râle tiklin (Hypotaenidia philippensis – Buff-banded Rail), des talèves takahé (Porphyrio mantelli – North Island Takahe), du nestor superbe (Nestor meridionalis – New Zealand Kaka), du créadion de Lesson (Philesturnus rufusater – North Island Saddleback).

On se dirige ensuite vers l’entrée du parc pour visiter la zone des lagunes. En dehors des espèces habituelles, on aura pas vu grand chose si ce n’est un martin-chasseur géant (Dacelo novaeguineae – Laughing Kookaburra) introduit.


On quittera l’Île du Nord avec pas moins de 86 espèces observées en 17 jours ! Parmi ces oiseaux, on compte quelques espèces emblématiques et en danger comme la talève takahé, le canard bleu ou le glaucope de Wilson. Nous aurons enfin vu l’oiseau emblème du pays : le kiwi. L’ensemble de nos listes sont consultables sur eBird en cliquant ici.