Sur la côte chilienne Pacifique, à 60 km au Sud de Valparaiso et à 1h30 de Santiago, on trouve quelques « humedales » et lieux idéals pour l’observation d’oiseaux marins. Les petites villes s’enchaînent sur la côte : El Quisco, El Tabo, Las Cruces, San Sebastian, Carthagène, San Antonio et Santo Domingo. Mais aux alentours et au coeur de ces petites villes, se cachent des espaces naturels bénéfiques pour les oiseaux. C’est donc au cœur de la zone humide de Carthagène ou au bout de la Punta de Tralca que l’on peut observer une multitude d’oiseaux d’eau : canards, laridés, limicoles et pleins d’autres !

Où voir les oiseaux ?

Punta de Tralca

Dans la commune d’El Quisco, Punta de Tralca est un quartier mais également une zone naturelle composée d’une plage, d’une avancée rocheuse dans la mer et d’une zone humide : El Totoral. Pour y accéder, de nombreux bus circulent depuis Valparaiso mais également depuis la capitale Santiago du Chili. Une fois sur place, un réseau de bus local, des taxis et un peu de marche à pied vous permettent d’accéder aux différents endroits.

Seawatching à Punta de Tralca

Depuis le bout de la pointe de Tralca, il est possible de faire du seawatching et d’observer tout un tas d’oiseaux marins. A commencer par les géants des mers, les albatros, représentés avec l’albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris – Black-browed Albatross) et l’albatros de Salvin (Thalassarche salvini – Salvin’s Albatross). D’autres géants comme le pétrel géant (Macronectes giganteus – Southern Giant Petrel) ou les plus communs fou varié (Sula variegata – Peruvian Booby) et pélican thage (Pelecanus thagus – Peruvian Pelican) sont aussi observés. Avec des vents favorables, les oiseaux se rapprochent des côtes et vous pourrez peut être observer puffinure de Garnot (Pelecanoides garnotii – Peruvian Diving Petrel), puffin fuligineux (Ardenna grisea – Sooty Shearwater), manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti – Humboldt Penguin), ou encore labbe du Chili (Stercorarius chilensis – Chilean Skua). Au lever et au coucher du soleil, on peut apercevoir de grandes colonies de cormorans de Bougainville (Leucocarbo bougainvilliorum – Guanay Cormorant) et cormoran de Gaimard (Poikilocarbo gaimardi – Red-legged Cormorant) en vol au dessus de la mer.

Passereaux de Punta de Tralca

Sur le chemin jusqu’à la pointe rocheuse, vous pourrez croiser quelques passereaux comme le cinclode d’Oustalet (Cinclodes oustaleti – Grey-flanked Cinclodes), cinclode du ressac (Cinclodes nigrofumosus – Chilean Seaside Cinclodes), cinclode brun (Cinclodes fuscus – Buff-winged Cinclodes) ou encore le dormilon bistré (Muscisaxicola maclovianus – Dark-faced Ground Tyrant) et la lessonie noire (Lessonia rufa – Austral Negrito).

Tout autour de la Punta de Tralca, vous pourrez chercher quelques passereaux dans les dunes et les quelques buissons que l’on trouve sur ce bord de mer. On peut notamment y voir le grand gaucho (Agriornis lividus – Great Shrike-Tyrant), colibri du Chili (Sephanoides sephaniodes – Green-backed Firecrown), pépoaza œil-de-feu (Pyrope pyrope – Fire-eyed Diucon), rara à queue rousse (Phytotoma rara – Rufous-tailed Plantcutter) et la sturnelle australe (Leistes loyca – Long-tailed Meadowlark). Une petite famille de chevêches des terriers (Athene cunicularia – Burrowing Owl) vit aussi dans les alentours.

Humedal Río Maipo

Un autre lieu, à faire absolument si vous êtes dans la zone, est le parc Humedal Río Maipo. C’est un très grand parc naturel situé entre les villes de San Antonio et Sante Domingo, situé de l’autre côté du Río Maipo. On y trouve 60 hectares protégés avec différents milieux comme des roselières, marécages, dunes, plages, et des zones plus boisées. Des observatoires et passerelles ont été construits pour observer les 190 espèces d’oiseaux recensées ici. L’entrée est gratuite mais il est important de réserver sur le site web du parc votre visite.

Ci-dessous la carte de l’Humedal Rio Maipo :

Autour de la roselière du Río Maipo (entre le Mirador Siete Colores et le Mirador Zarapito)

Je ne vais pas vous lister les 190 espèces d’oiseaux qui ont été vues ici mais seulement quelques fragments des plus intéressantes. Dans la roselière on peut observer le superbe tyranneau omnicolore (Tachuris rubrigastra – Many-colored Rush Tyrant), le junquero troglodyte (Phleocryptes melanops – Wren-like Rushbird), doradite de Landbeck (Pseudocolopteryx citreola – Ticking Doradito), carouge galonné (Agelasticus thilius – Yellow-winged Blackbird). On peut y voir quelques oiseaux de la famille des aigrettes et hérons comme le bihoreau gris (Nycticorax nycticorax – Black-crowned Night Heron), grande aigrette (Ardea alba – Great Egret), aigrette neigeuse (Egretta thula – Snowy Egret) et plus rarement le blongios varié (Botaurus involucris – Stripe-backed Bittern).

Plage Humedal Río Maipo (Zona de nidificacion aves playeras)

Sur la plage, à proximité de l’estuaire, des immenses groupes de laridés sont présents avec de la mouette de Patagonie (Chroicocephalus maculipennis – Brown-hooded Gull), goéland gris (Leucophaeus modestus – Grey Gull), goéland dominicain (Larus dominicanus – Kelp Gull), sterne inca (Larosterna inca – Inca Tern), sterne de Trudeau (Sterna trudeaui – Snowy-crowned Tern), sterne hirundinacée (Sterna hirundinacea – South American Tern) et bec en ciseaux noir (Rynchops niger – Black Skimmer).

Limicoles du Río Maipo (Mirador Zarapito)

Suivant la marée, on retrouve plus ou moins de limicoles à proximité des observatoires. A l’heure idéale, on peut voir de nombreux limicoles avec une belle proximité. Parmi eux, on retrouve une très belle liste dont les plus fréquents sont : échasse d’Amérique (Himantopus mexicanus – Black-necked Stilt), barge hudsonienne (Limosa haemastica – Hudsonian Godwit), courlis hudsonien (Numenius hudsonicus – Hudsonian Whimbrel) ou bécassine de Magellan (Gallinago magellanica – Magellanic Snipe). Du côté des chevaliers, on retrouve le chevalier semipalmé (Tringa semipalmata – Willet), chevalier à pattes jaunes (Tringa flavipes – Lesser Yellowlegs) et chevalier criard (Tringa melanoleuca – Greater Yellowlegs).

Pour les bécasseaux : bécasseau semipalmé (Calidris pusilla – Semipalmated Sandpiper), bécasseau maubèche (Calidris canutus – Red Knot), bécasseau minuscule (Calidris minutilla – Least Sandpiper), bécasseau de Baird (Calidris bairdii – Baird’s Sandpiper). Enfin, du côté des gravelots et pluviers, on peut voir le gravelot semipalmé (Charadrius semipalmatus – Semipalmated Plover), pluvier de d’Urville (Zonibyx modestus – Rufous-chested Dotterel), pluvier argenté (Pluvialis squatarola – Grey Plover) ou encore le pluvier bronzé (Pluvialis dominica – American Golden Plover)

Des oiseaux plus rares fréquentent également l’Humedal Río Maipo comme par exemple le bécasseau à poitrine cendrée (Calidris melanotos – Pectoral Sandpiper), bécasseau d’Alaska (Calidris mauri – Western Sandpiper), bécasseau à croupion blanc (Calidris fuscicollis – White-rumped Sandpiper) ou encore le tyran des savanes (Tyrannus savana – Fork-tailed Flycatcher), la sterne arctique (Sterna paradisaea – Arctic Tern) ou le thinocore de Patagonie (Thinocorus rumicivorus – Least Seedsnipe).

Humedales de Cartegena

Entre San Sebastian et Carthagène, se trouvent les humedales de Cartegena. Cette zone humide est composée d’un bassin, accessible uniquement depuis le Sud. L’entrée est gratuite mais il faut penser à s’enregistrer avant. Une limite du nombre de personnes dans le site est présente. Autour de l’Humedal de Cartagena, l’estuaire du même nom est aussi un lieu favorable à l’observation d’oiseaux. Sur la plage, de nombreux petits limicoles sont présents.

Avec le coscoraba blanc (Coscoroba coscoroba – Coscoroba Swan) et le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus – Black-necked Swan), de nombreux canards sont présents. Parmi eux, on retrouve la sarcelle cannelle (Spatula cyanoptera – Cinnamon Teal), sarcelle tachetée (Anas flavirostris – Yellow-billed Teal), canard spatule (Spatula platalea – Red Shoveler), canard de Chiloé (Mareca sibilatrix – Chiloe Wigeon), canard à queue pointue (Anas georgica – Yellow-billed Pintail) et érismature ornée (Oxyura vittata – Lake Duck).

On retrouve aussi 3 espèces de foulques : foulque à front rouge (Fulica rufifrons – Red-fronted Coot), foulque à jarretières (Fulica armillata – Red-gartered Coot) et foulque leucoptère (Fulica leucoptera – White-winged Coot). Le tyranneau omnicolore (Tachuris rubrigastra – Many-colored Rush Tyrant) et son fidèle voisin le junquero troglodyte (Phleocryptes melanops – Wren-like Rushbird) sont aussi présents dans la zone humide. Tout comme le grand grèbe (Podiceps major – Great Grebe), grèbe de Rolland (Rollandia rolland – White-tufted Grebe), grèbe aux belles joues (Podiceps occipitalis – Silvery Grebe), héron cocoi (Ardea cocoi – Cocoi Heron), râle à bec ensanglanté (Pardirallus sanguinolentus – Plumbeous Rail) ou encore gallinule à face noire (Porphyriops melanops – Spot-flanked Gallinule).

Sur la plage, on retrouve de nombreux huitriers d’Amérique (Haematopus palliatus – American Oystercatcher), huitriers noir (Haematopus ater – Blackish Oystercatcher) et échasses d’Amérique (Himantopus mexicanus – Black-necked Stilt). Attention aux petits gravelot d’Azara (Anarhynchus collaris – Collared Plover) et gravelot neigeux (Anarhynchus nivosus – Snowy Plover) qui courent à toute vitesse sur le sable.

Humedales Ojos del Mar

Ca n’est vraiment pas un endroit sympathique puisqu’il est situé en pleine zone industrielle portuaire à San Antonio. Mais comme beaucoup d’endroits moches, il y a des oiseaux.

La plupart des oiseaux sont similaires à ceux qu’on trouve dans les autres lieux de ce site. Parmi ceux que je n’ai pas encore cité, on retrouve le grèbe à bec bigarré (Podilymbus podiceps – Pied-billed Grebe) ou encore l’élanion à queue blanche (Elanus leucurus – White-tailed Kite), le crécerelle d’Amérique (Falco sparverius – American Kestrel) ou encore la buse de Harris (Parabuteo unicinctus – Harris’s Hawk).

Laguna El Peral

C’est un autre endroit à visiter dans la zone pour observer les oiseaux, il est plus agréable que les humedales Ojos del Mar car ce sanctuaire de nature est adapté à l’observation de la faune. Bien qu’il soit à proximité de la route principale, les sentiers et observatoires permettent d’observer de nombreuses espèces.

A peu près toujours les mêmes espèces que d’habitude avec de nouvelles apparitions moins fréquentes comme la nette demi-deuil (Netta peposaca – Rosy-billed Pochard), la sarcelle bariolée (Spatula versicolor – Silver Teal) ou encore l’hétéronette à tête noire (Heteronetta atricapilla – Black-headed Duck).

Comment accéder à la côte chilienne (El Quinto, Carthagène, San Antonio etc..) ?

Si vous avez votre voiture, en location ou pas, aucune difficulté pour rejoindre la côte pacifique chilienne ! Les routes sont en bon état et le trajet est plutôt rapide depuis Santiago du Chili ou Valparaiso.

En transports en commun, vous pouvez oublier le train qui n’est pas présent, mais de nombreux bus circulent jusqu’à El Quinto, Carthagène ou San Antonio. Depuis le terminal San Borja ou le terminal Alameda de Santiago du Chili, TurBus, Condor et d’autres compagnie font le trajet plusieurs fois par heure. 1h40 de trajet seulement jusqu’à El Quisco à partir de 5000CL environ.

Où dormir sur la côte chilienne ?

La zone est touristique mais plutôt pour du tourisme national de personne venant profiter du soleil et de la mer. Très peu de tourisme international ici. Les quelques très bons hôtels qui sont présents dans la zone (Hôtel Boutique Mar de Royal, B&B Rocas Santo Domingo etc..) sont souvent assez mal situés.

Je vous conseille donc de passer par la plateforme AirBnb où vous trouverez de nombreuses locations à des prix intéressants.