C’est parti mon cuicui pour la seconde partie de notre voyage au Chili ! Après avoir descendu le pays de Santiago du Chili jusqu’à l’île de Chiloé, nous remontons vers le Nord. C’est l’occasion de découvrir de nouveaux paysages, plus arides et désertiques, au fur et à mesure que l’on se rapproche de la frontière nord. Notre excursion de deux mois au Chili se terminera dans l’emblématique San Pedro de Atacama avant de poursuivre notre chemin vers la Bolivie. Mais avant d’arriver là-bas, voici la suite de notre périble.

Punta de Tralca

Seawatching à la pointe

Notre exploration du sud du Chili se termine avec un bus pour Puerto Montt suivi par un bus de nuit jusqu’à Santiago. De là, on ne s’arrête pas à la capitale (que l’on avait pas beaucoup aimé) et on se rend directement à El Quisco pour rejoindre la Punta de Tralca. Les levers et couchers de soleil sont superbes à admirer depuis la pointe mais c’est aussi un super spot pour faire du seawatching !

On aura notamment pu y observer : albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris – Black-browed Albatross), pétrel de Hall (Macronectes halli – Northern Giant Petrel) et géant (Macronectes giganteus – Southern Giant Petrel), puffinure de Garnot (Pelecanoides garnotii – Peruvian Diving Petrel). Nous avons même, avec un poil de chance, identifié sur une photo de pétrel, un manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti Humboldt Penguin) qui sortait de l’eau au même moment. Dans les collines aux alentours de la pointe, on a également pu observer une chevêche des terriers (Athene cunicularia – Burrowing Owl). Sur les plages et rochers environnants nous avons pris le temps de photographier le gravelot d’Urville (Zonibyx modestus – Rufous-chested Dotterel) et le cinclode du Ressac (Cinclodes nigrofumosus – Chilean Seaside Cinclodes), le plus grand des cinclodes du Chili.

Plage et gravelots à El Tabo

Depuis Punta de Tralca, il est possible d’accéder à l’Humedal El Tabo situé plus au sud sur la côte en bus ou en taxi.

Sur la plage Chepica, on a pu observer quelques individus de gravelots d’Azara (Anarhynchus collaris – Collared Plover) et de gravelots neigeux (Anarhynchus nivosus – Snowy Plover).

🏨 Notre hébergement : Cabane Vivero Punta De Tralca

Airbnb très pratique situé au coeur du quartier de Punta de Tralca et à deux pas de la plage et de la pointe. On sent que le logement est peu utilisé mais il reste correct et possède tous les équipements nécessaires.

Cartagena

Zone humide urbaine de Carthagène

Arrêt suivant dans la ville de Carthagène qui n’est, à nouveau, pas le plus touristique des endroits mais qui possède un intérêt ornithologique.

La visite de l’Humedal Cartagena et celui de San Sebastian nous aura permis d’enfin observer l’échasse d’Amérique (Himantopus mexicanus – Black-necked Stilt) mais également de nombreuses espèces de canards parmi lesquels : érismature ornée (Oxyura vittata – Lake Duck), grèbe aux belles joues (Podiceps occipitalis – Silvery Grebe), canard de chiloé (Mareca sibilatrix – Chiloe Wigeon), canard à queue pointue (Anas georgica – Yellow-billed Pintail), canard spatule (Spatula platalea – Red Shoveler). On aura également retrouvé le très joli tyranneau omnicolore (Tachuris rubrigastra – Many-colored Rush Tyrant).

Humedal Río Maipo

Situé à 30 minutes de taxi plus au sud, se trouve l’Humedal Río Maipo. Le cadre est sympathique avec plusieurs milieux différents et bien aménagé avec quelques passerelles et observatoires donnant sur des lagunes.

Sur la plage, on a pu notamment observer des centaines de goéland gris (Leucophaeus modestus – Grey Gull), goéland dominicain (Larus dominicanus – Kelp Gull), les jolies sternes incas (Larosterna inca – Inca Tern), sterne hirundinacée (Sterna hirundinacea – South American Tern) et sterne de Trudeau (Sterna trudeaui – Snowy-crowned Tern).

Depuis l’uns des observatoires, on a enfin aperçu le fameux bec-en-ciseaux noir (Rynchops niger – Black Skimmer). Pourtant plutôt commun, nous n’avions pas réussi à le voir jusqu’à présent. Il est possible d’observer une excellente diversité de limicoles au niveau des observatoires. Cependant, il faut que la marée et la luminosité soient bonnes ce qui n’était pas le cas quand nous y sommes allés.

🏨 Notre hébergement : Cabane à Carthagène

Un petit chalet dans un quartier sécurisé sur les hauteurs de Carthagène. Un endroit simple mais idéal pour explorer les environs.

Valparaíso

Centre-ville de Valparaíso

Après avoir exploré les alentours de Carthagène, nous nous dirigeons vers une autre ville côtière beaucoup plus jolie et touristique : Valparaíso. Ses façades couvertes de Street-Art dans les Cerro Allegre et Cerro Concepcion sont tous simplement magnifiques. Sa costanera est très agréable pour se balader et mène jusqu’à un marché aux poissons où l’on déguste d’excellents ceviches, tout en observant une belle diversité d’oiseaux attirés par le poisson ainsi que quelques lions de mer.

Le long de la costanera, on aura pu observer une colonie de sternes incas (Larosterna inca – Inca Tern), des goélands gris (Leucophaeus modestus – Grey Gull) et même un manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus – Magellanic Penguin). Dans le marché aux poissons, autour des étals, de nombreux pélicans thages (Pelecanus thagus – Peruvian Pelican) attendent patiemment leur part. On aura même pu observer un pétrel géant (Macronectes giganteus – Southern Giant Petrel) dans le port. Enfin, en scrutant les plateformes au large, on repère facilement les fous variés (Sula variegata – Peruvian Booby) posés en petits groupes. Outres les oiseaux, nous avons eu la chance d’observer une loutre féline (Lontra felina – Marine otter) aussi appelée chungungo ainsi que de nombreuses otaries à crinières (Otaria flavescens – South American Sea Lion).

🏨 Notre hébergement : Appartement sur le Paseo Gálvez

Nous avons eu la chance de séjourner dans un superbe Airbnb en plein cœur de Valparaíso sur le paseo Gálvez. Grande chambre, bien équipé, dans une quartier sécurisé et très coloré. Un vrai coup de cœur.

Posada del Parque

Notre itinéraire se poursuit par deux jours consacrés à l’humedal de Mantagua, une zone humide d’une grande richesse écologique située sur le domaine privé de la Posada del Parque. Cet arrêt nous permet aussi de s’extirper des bruits des villes et de la foule. La réserve propose plusieurs sentiers d’observation, équipés de petits observatoires.

Certains itinéraires conduisent à des étangs, d’autres à la frange littorale, en traversant une diversité de milieux qui constituent le refuge de nombreuses espèces d’oiseaux. Quelques nouveautés pour nous comme la tourterelle côtière (Zenaida meloda – West Peruvian Dove), le phrygile à tête grise (Phrygilus gayi – Grey-hooded Sierra Finch), un synallaxe austral (Asthenes anthoides – Austral Canastero) ainsi qu’une upucerthie de forêt (Upucerthia saturatior – Patagonian Forest Earthcreeper).

Mise à part, ces trois coches Chili, l’endroit est somptueux car il abrite une diversité folle d’oiseaux. On a ainsi pu y photographier diverses espèces de limicoles sur la plage au coucher du soleil : courlis hudsonien (Numenius hudsonicus – Hudsonian Whimbrel), pluvier de d’Urville (Zonibyx modestus – Rufous-chested Dotterel) et échasse d’Amérique (Himantopus mexicanus – Black-necked Stilt).

🏨 Notre hébergement : Posada del Parque

La réserve Posada del Parque, au nord de Valparaíso, possède quelques chambres à la location. C’est l’idéal pour être en plein cœur de la réserve au lever du soleil pour la meilleure activité des oiseaux.

La Serena

Humedal Rio Elqui & Plage

Après cette parenthèse nature, nous avons poursuivi notre remontée vers le nord du Chili avec un arrêt à La Serena. La ville n’a pas d’intérêt touristique majeur, même si son petit centre-ville est plutôt joli avec ses maisons typiques rouges et blanches et le jardin japonais. Les alentours valent clairement le détour : la vallée de l’Elqui se découvre aussi bien de jour que de nuit. Grâce à un ciel très peu pollué par la lumière, les observations astronomiques y sont superbes.

Du point de vue ornitho, l’humedal du Río Elqui est probablement l’endroit le plus intéressant à visiter à la Serena. Il commence à l’embouchure avec la plage et il est possible de le remonter jusqu’au Puente Fiscal. On y aura rencontré quelques nouvelles espèces comme un nouveau colibri : le colibri vesper (Rhodopis vesper – Oasis Hummingbird). Mais aussi d’autres oiseaux avec le caracara huppé (Caracara plancus – Crested Caracara), gallinule d’Amérique (Gallinula galeata – Common Gallinule) ou encore la discrète bécassine de Magellan (Gallinago magellanica – Magellanic Snipe) que l’on a levé involontairement.

En remontant la plage vers le nord, nous aurons la chance d’avoir une séance photo privée avec gravelot neigeux (Anarhynchus nivosus – Snowy Plover) très coopératif.

Punta de Choros

On a loué une voiture pour explorer d’autres environs, non accessibles en bus : la Punta de Choros, petit village côtier de pêcheurs d’où il est possible de faire des croisières vers les îles Chorros, Chañaral et Damas qui font partie de la Réserve nationale Pingüino de Humboldt. De décembre à mars, on peut y observer des baleines. Nous n’avons pas pu faire la croisière ni voir les manchots et avons dû nous contenter de ce qu’on pouvait observer depuis les plages.

On aura pu voir une géositte mineuse (Geositta cunicularia – Common Miner) se balader dans les cailloux du désert. Un peu plus au sud, au niveau de l’humedal La Boca, on a rencontré pour la première fois les gravelot des Falkland (Anarhynchus falklandicus – Two-banded Plover). Mais c’est peut être sur la route en direction de Punta de Choros que nous aurons fait les plus belles rencontres avec les renards de Magellan (Lycalopex culpaeus – Culpeo), malheureusement trop habitués à la présence de l’humain, et quelques guanacos (Lama guanicoe – Guanaco) qui se promènent dans ce jolie désert. S’il vous plait, ne nourrissez pas les renards. C’est un fléau pour leur santé ainsi que leur survie.

🏨 Notre hébergement : Appartement vue Humedal

Nous avons loué un appartement tout confort dans une grande résidence touristique et sécurisée de La Serena. Le logement est très bien équipé et situé à quelques pas de l’Humedal Rio Elqui.

Caldera

En toute franchise, notre arrêt à Caldera a été décidé en dernière minute sur les conseils d’un chauffeur de taxi. Touristiquement, la ville n’est pas incroyable, elle nous a surtout permis d’éviter un trajet en bus de 14h de La Serena jusqu’à San Pedro de Atacama. A Caldera, on trouve à nouveau un marché aux poissons avec de nombreux lions de mer. Nous décidons d’explorer tous les environs jusqu’au phare de Punta Caldera et la plage de Bahia Inglesa.

Contre toute attente, nous aurons fait de nombreuses nouvelles observations chiliennes par ici. En chemin vers la Bahia Inglesa, les bords de mer nous ont offert de jolies rencontres avec notamment le trio de semipalmés : le bécasseau semipalmé (Calidris pusilla – Semipalmated Sandpiper), chevalier semipalmé (Tringa semipalmata – Willet) et gravelot semipalmé (Charadrius semipalmatus – Semipalmated Plover).

On y a également vu pour la première fois la colombe à bec jaune (Columbina cruziana – Croaking Ground Dove) et le synallaxe des rocailles (Asthenes modesta – Cordilleran Canastero). On a aussi rencontré le dormilon à calotte rousse (Muscisaxicola rufivertex – Rufous-naped Ground Tyrant), goéland siméon (Larus belcheri – Belcher’s Gull), ainsi que le gaucho à bec noir (Agriornis montanus – Black-billed Shrike-Tyrant).

🏨 Notre hébergement : Chalet dans Caldera

Petite maisonnette à quelques centaines de mètres du marché aux poissons pour 1 à 4 personnes. Assez basique mais fait parfaitement le travail pour quelques jours sur place.

San Pedro de Atacama

Presque douze heures après notre départ de Caldera, on se retrouve enfin à San Pedro de Atacama après une étape de quelques minutes à Calama. Nous voilà enfin arrivé au point le plus au nord de notre itinéraire au Chili : la porte d’entrée du fameux désert d’Atacama ! C’est une petite ville très touristique mais pleine de charme avec ses rues en terre et ses maison en adobe. Par peur de s’aventurer seuls dans le désert, on part avec un tour organisé (Whipala expeditions) pour visiter la réserve de Piedra rojas, aux lagunes Miscanti, Meñiques et Chaxa et aux geysers del Tatio. On se rend finalement compte que les routes sont praticables donc on décide le dernier jour de louer un 4×4 pour aller chercher des oiseaux spécifiques. On oscille entre 2000 et 4300m d’altitude et à des températures qui vont de -16°C (avant le lever du soleil) à 25°C l’après-midi. Les écarts sont rudes et quelques symptômes du mal des montagne se font sentir mais les paysages en valent clairement la peine ! Entre lagunes altiplaniques, geysers, volcans, désert et ciel étoilé. Un véritable coup de cœur au Chili !

Laguna Chaxa

Côté oiseaux c’est plein de nouvelles espèces de l’altiplano andin. A la lagune Chaxa, on a pu observer les trois espèces de flamants ensemble soit le flamant de James (Phoenicoparrus jamesi – James’s Flamingo), flamant des Andes (Phoenicoparrus andinus – Andean Flamingo) et flamant du Chili (Phoenicopterus chilensis – Chilean Flamingo). L’idéal pour les différencier. Il y avait aussi de l’avocette des Andes (Recurvirostra andina – Andean Avocet) et gravelot de la Puna (Anarhynchus alticola – Puna Plover).

Geyser, Putana & Machuca

Au niveau du Mirador sur le fleuve Putana, on aura pu voir : ouette des Andes (Chloephaga melanoptera – Andean Goose), sarcelle de la Puna (Spatula puna – Puna Teal), canard huppé (Lophonetta specularioides – Crested Duck), foulque ardoisée (Fulica ardesiaca – Andean Coot), foulque géante (Fulica gigantea – Giant Coot) et idiopsar à dos roux (Idiopsar dorsalis – Red-backed Sierra Finch). Depuis le mirador de Machuca, on a rajouté quelques espèces à notre liste avec : foulque cornue (Fulica cornuta – Horned Coot), et mouette des Andes (Chroicocephalus serranus – Andean Gull).

A proximité des lagunes et des villages, on a pu chercher les passereaux d’altitude tels que la géositte de la Puna (Geositta punensis – Puna Miner), sicale olivâtre (Sicalis olivascens – Greenish Yellow Finch), phrygile à tête noire (Phrygilus atriceps – Black-hooded Sierra Finch), et le cinclode à miroir blanc (Cinclodes albiventris – Cream-winged Cinclodes).

Rio Juana

Enfin, lors de notre dernière journée à San Pedro de Atacama, on loue notre notre propre 4×4 pour explorer les environs plus lentement qu’en tour organisé. On se rend principalement le long du fleuve Juana.

On finit en beauté avec de superbes observations d’espèces emblématiques comme le pluvier des Andes (Phegornis mitchellii – Diademed Sandpiper-Plover) ou le nandou de Darwin (Rhea pennata – Lesser Rhea). On observe aussi des espèces discrètes avec le tinamou quioula (Tinamotis pentlandii – Puna Tinamou), thinocore de d’Orbigny (Thinocorus orbignyianus – Grey-breasted Seedsnipe) et attagis de Gay (Attagis gayi – Rufous-bellied Seedsnipe). Un caracara montagnard (Phalcoboenus megalopterus – Mountain Caracara) nous passera également en vol au-dessus de nos têtes.

Côté mammifères, on prend aussi le temps de s’arrêter pour photographier quelques guanacos (Lama guanicoe – Guanaco) à plus basse altitude mais surtout les vigognes (Vicugna vicugna – Vicuña) qui sont plus communes sur l’altiplano. On rencontrera aussi pour la première fois les viscaches (Lagidium viscacia – Southern Viscacha) immobiles sur des rochers.

🏨 Notre hébergement : La Estancia

Superbe appartement dans San Pedro de Atacama. Très grande pièce à vivre avec deux chambres, une cuisine et une salle de bain. A une quinzaine de minutes à pied du centre de la petite ville.


C’est à San Pedro de Atacama que se termine notre voyage au Chili après presque 2 mois à arpenter le pays du Sud au Nord. Nous avons commencé depuis la capitale, Santiago, en descendant jusqu’à l’île de Chiloé. Nous avons ensuite remonté le Chili par la côte Pacifique en terminant par San Pedro. Dans la première partie du voyage, nous avions observé 115 espèces d’oiseaux et dans cette seconde partie entre Valparaiso et Atacama, le compteur sera de 136. Vous pouvez retrouver ce trip report sur eBird en cliquant ici. Nous avons eu la chance d’observer de nombreuses espèces d’oiseaux emblématiques, endémiques et magnifiques (et parfois les trois). Vous pouvez également lire le récit de notre première partie de voyage au Chili.

Notre périple en Amérique du Sud ne se termine pas là puisque nous prenons un bus pour traverser la frontière, direction : La Bolivie.